Maison des Hommes et des techniques

Le centre de documentation de la Navale

Avec l'association Histoire de la construction navale à Nantes (AHCNN), la Maison des Hommes et des techniques gère un centre de documentation sur la construction navale avec des milliers de plans, photos et livres. Il contient les richesses sauvées de la destruction par l'Association Histoire de la construction navale à Nantes et complétées progressivement au fil des années :

 

  • Voiture renversée pendant les grèves de 1985Une fiche d'identification pour 2 500 navires recensés, construits dans la région nantaise de 1248 à nos jours.
  • 5 000 plans originaux de navires, dont certains datent du XIXsiècle. Plus de deux mille plans de navires et de site ont été numérisés et sont consultables sur internet : http://my.yoolib.com/mht/
  • 200 plans des différents chantiers, ateliers ou cales de lancement, réalisés au début du siècle dernier
  • Des dizaines de milliers de photos et négatifs de navires en construction ou en essai, d'ateliers, d'ouvriers au travail, de quais ou de bâtiments des chantiers navals, de mouvements sociaux ou de la vie en entreprise
  • Plus de 300 outils. Certains servaient il y a plus d'un siècle, d'autres rappellent des métiers dont plusieurs sont en voie de disparition : traçage en grandeur nature ou au 1/10e, rivetage, formage, meulage, soudure...
  • Plus de 200 livres se rapportant au domaine maritime et fluvial, ainsi qu'une multitude de revues et documents techniques, des publications sur l'histoire sociale, l'histoire du travail, les cultures du travail...
  • 150 documents vidéo
  • Des archives sociales héritées du comité d'entreprise du chantier Dubigeon.

Aléseurs au travailLes anciens de la Navale se réunissent tous les mardis après-midi. Tél. 02 40 08 20 22 ou mail : ahcnn@orange.fr

Les projets à plus long terme

 

  • Réalisation d'un dictionnaire biographique des militants de la Navale.
  • Poursuite de la umérisation des fonds de la Navale.

Voir et comprendre... une photo de la Navale

Le lancement du Svea Corona en juillet 1974Cette photo, qui provient du fonds de la Navale, immortalise l'un des moments cruciaux du lancement d'un navire.

Le Svea-Corona, un car-ferry construit chez Dubigeon-Normandie, a été mis à l'eau le 19 juillet 1974 pour le compte d'un armateur suédois.

L'image montre les derniers instants du navire sur cale. Entourés de l'équipe de lancement, deux ouvriers découpent la dernière tôle, celle qui retient le navire sur la cale. Dans un silence « assourdissant », les ouvriers et le public attendent la coupure qui, par un claquement, annoncera le lent glissement de l'énorme coque vers le fleuve.

Des semaines de préparation ont précédé le lancement, qui est un moment délicat dans la vie du navire. Pour éviter qu'il ne heurte le quai d'en face, car la Loire n'est pas large, plusieurs dispositifs de freinage ont été mis en place : un « masque » en bois ou en acier à l'arrière du navire et de lourdes bosses cassantes à babord et à tribord sont destinés à retenir la coque pendant son entrée dans l'eau.

 

 

La drague Pierre Lefort avant son lancement en 1985

Alors que l'avenir de Dubigeon semblait moins sombre au printemps 1985, qui avait vu le plein emploi revenir, la décision du conseil d'administration de l'entreprise de changer de stratégie en abandonnant (provisoirement) le créneau militaire pour se tourner à nouveau vers la construction de bâtiments civils, ravive les inquiétudes des travailleurs. Les retards pris dans l'approbation de certains travaux en perspective (phare d'Ouessant, dragues mexicaines...) ne sont pas non plus faits pour améliorer le plan des charges.

La CFDT revendique une réunion tripartite et menace de retarder le lancement de la drague Pierre Lefort. « Dubigeon vivra » est inscrit à la peinture bleue sur le masque du navire, qui quittera finalement la cale de lancement le 27 juin 1985, avec une heure d'avance en raison de la crue et des vents.

La rencontre avec les pouvoirs publics et la direction ne suffira pas pour rassurer les syndicats et les travailleurs. Ils craignent au contraire une remise en cause du plan de sauvegarde de Dubigeon, la réduction de la production et des effectifs. La rentrée connaîtra un regain de conflits avec de nombreuses manifestations et, entre autres, l'occupation du Belem par les manifestants.

 

 

 

En avril 1966, l'aviso-escorteur Hermenegildo Capelo est en début de construction sur la cale 2 des Ateliers et Chantiers de Nantes ; il s'agit d'une commande de la Marine portugaise. Entre les deux cales, on aperçoit le pied de la puissante grue Titan jaune. Réalisée par l'entreprise Paris, elle sert à transporter de puissants blocs de navires des ateliers de préfabrication vers les deux cales. Depuis la fin des années 1950, en effet, les navires ne sont plus construits pièce par pièce sur la cale même, mais de gros blocs sont réalisés en atelier puis assemblés sur la cale. L'atelier de préfabrication numéro 3, avec son toit ouvrant, non visible sur la photo, se trouve en tête de la cale 3 ; la grue se déplace sur des rails.

Au-dessus de la première voûte de la cale 3, on apperçoit une inscription dont les traces sont encore visibles aujourd'hui : « Rivetage » (cliquer dans l'image pour voir le détail). Ellle témoigne de l'époque où les éléments de navire étaient assemblés à l'aide de rivets, une technique qui fut progressivement remplacée par le soudage à la fin des années 1950 et au début des années 1960.

Un ouvrier qui s'apprête à entrer dans la voûte 2 donne la mesure de la taille des constructions qu'on voit sur la photo.

 

Nous sommes en octobre 1977, au beau milieu de huit semaines de grève quand cette photographie a été prise. À l’initiative de l’une d’entre elles, les femmes des ouvriers se sont réunies pour soutenir leurs maris en lutte.

C’est le nouveau système de pointage imposé par la direction à la rentrée de 1977 qui a mis le feu aux poudres. En allongeant considérablement le temps de présence dans l’entreprise, il ajoute aux tensions déjà existantes.  En effet, au cours de l’année, chômage partiel et licenciements des anciens de plus de 56 ans sont venus entacher le quotidien des ouvriers de la Navale. L'abolition du nouveau système de pointage n’est donc qu’une des revendications parmi tant d’autres. La grande majorité des 2 400 travailleurs de Dubigeon sont en grève en octobre 1977.

Après de longues semaines de grève, la solidarité s’est organisée : dans certaines communes, la cantine scolaire est gratuite pour les enfants de grévistes, une vente à bas prix des produits de la ferme est organisée par les paysans de la FDSEA,  des dons affluent de toute la région pour soutenir le comité de grève…

Les femmes aussi s’organisent ! Elles souhaitent par cette réunion démontrer qu’elles soutiennent pleinement leurs maris et qu’elles peuvent s’entraider afin de mieux gérer les problèmes financiers liés à la grève. Il s’agit donc, pour elles, de recentrer le conflit autour de l’avenir incertain du chantier Dubigeon.

Malgré cet élan de solidarité, les revendications des ouvriers n’ont pas été entendues et la grève s’arrête le 10 novembre 1977 ; elle s’est soldée par un échec.

 

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