Maison des Hommes et des techniques

 

Publication d'un nouvel ouvrage

Le livre La Vie ordinaire d'un soudeur raconte la vie de Pierre Rousselot, ouvrier soudeur à la Navale nantaise entre 1952 et 1982. Il y décrit avec sobriété et souci de l'essentiel ce qu’était son ordinaire, son métier, ses savoir-faire, ses conditions de travail. C'est aussi toute la mémoire d’un métier qu'il transmet, au travers de ses souvenirs sur les pratiques collectives, les rituels et les luttes ouvrières de ces années-là.

Pierre n’est pas un ouvrier anonyme : c’est le père d’un des auteurs qui ont transcrit une série de longs entretiens. Sorte d’hommage rendu par le fils à ce père qui n’avait jamais évoqué au sein de la famille son travail, ce livre est surtout l’occasion pour Pierre le soudeur de restituer l’unité de son univers familial et professionnel. S'il évoque la saga familiale, l’exode du Morbihan de la petite forge paternelle vers l’usine à Nantes, la grande ville, il souligne aussi la place qu’a tenue dans sa vie Marie, son épouse, qui l’a suivi à Nantes, assurant à la fois la vie familiale, avec leurs quatre enfants, et des travaux de couturière.

Pour lui « c’est comme ça » et ça ne mérite pas d’en faire un roman, et il estime que sa vie aurait pu « être mieux ». Mais il a bien vécu, et ne garde pas de « mauvais souvenirs » des chantiers. Ce récit, où entre les mots se glisse la rumeur des ateliers des Chantiers, constitue un témoignage passionnant d’une vie ouvrière « ordinaire ».

Si la Maison des Hommes et des techniques a accepté d'éditer ce témoignage, c'est aussi parce qu'il valorise, avec simplicité, des aspects d'une culture ouvrière que nous cherchons à valoriser sans relâche.

Quelques extraits du livre :

J’avais une tante qui tenait un commerce à Chantenay. Elle avait des neveux du côté de son mari, qui étaient bien placés aux Chantiers de Bretagne. Alors ma tante m’a dit : « Ne te casse pas la tête, on trouvera bien du travail ! » Elle téléphone à l’un de ses neveux et je dois me présenter le lendemain matin aux Chantiers. J’y vais, je vois le gars et on est parti rencontrer le chef du personnel, qui m’a demandé ce que je faisais, ce que je savais faire. Je lui ai expliqué et il me dit : « Oui, d’accord, on va faire un essai. » Il me conduit au contremaître de la soudure. Je connaissais toutes les soudures, à part l’électrique. Je savais souder à plat mais pas comme à la Navale, car il fallait souder dans toutes les positions. L’essai a duré un quart d’heure : ils voient que je me débrouille bien en soudure à plat, que la baguette ne restait pas accrochée : « C’est bon ! Vous venez demain matin », me dit-il. Mais j’avais une chambre à Paimbœuf, il me fallait aller chercher mes affaires : « Eh bien, vous viendrez après-demain ! » Et j’ai été embauché et je suis resté là !

[...]

Parfois les compartiments de travail étaient grands, mais parfois c’était plus restreint. Plus on arrive dans l’étrave d’un bateau, plus c’est étroit. Et il faisait chaud, la tôle chauffait avec la soudure. On mettait des gants spéciaux, avec un pouce et un index. Le contrôleur venait partout vérifier toutes les soudures. Il y avait aussi de la poussière et de la fumée partout. Les tôles étaient dans le parc à ferraille dehors. Quand elles arrivaient au découpage, il fallait les décrasser d’abord et puis les découper après. Elles étaient rouillées, ça faisait de la saleté. Quelques années plus tard, cela a été mécanisé : des sableuses nettoyaient les tôles.

[...]

Il y en avait [des surnoms] et il ne fallait pas grand’chose pour en avoir. Je me souviens une fois. On était en huit, un gars avec nous s’appelait Serge, il avait une voix, une voix de marchand de poissons. Et un jour, il appelle en criant le pontonnier pour virer sa pièce, et j’ai dit : « On dirait un marchand de poissons », et ça y est, Marchand de poissons !
Il y avait aussi La chique, un Breton du Finistère, qui crachait partout. Un autre était appelé Bambou, parce qu’il avait construit une maison et il disait toujours que c’était une baraque en bambou, donc ça lui est resté, Bambou ! Personne ne disait rien, les gars, ça ne les dérangeait pas. Ça ne vexait pas de se faire appeler ainsi, par contre Rouquin ou un autre surnom lié au physique c’est différent, c’est se moquer.

[...]

En 1975, je commence par un débrayage le lundi 24 mars pour les accords salariaux. Les débrayages d’une à trois heures se renouvellent quotidiennement jusqu’au mercredi 9 avril. Le jeudi 27 mars, le mardi 1er avril, je note « Sortie en ville » et le lundi 7 avril « Débrayage en mairie ». Un premier lock-out est imposé le vendredi 11 avril, le lundi 14 avril, les grévistes organisent le « blocage du pont de Pirmil ». Et à partir du mercredi 16 avril, le lock-out est décidé par la direction : il dure dix jours. La reprise du travail se fait le lundi 28 avril. Au total je compte huit heures de débrayage en mars et « 107,78 heures avec huit paniers » pour la durée de la grève en avril.

Pour commander l'ouvrage La Vie ordinaire d'un soudeur. Pierre Rousselot raconte ses trente ans dans la Navale, voir ici.

En vente à la Maison des Hommes et des techniques
Informations pratiques ici

 

 

 

Journées du patrimoine

Cette année, le thème officiel des Journées du patrimoine était dédié à la protection. Il y a cent ans, le patrimoine national devenait un bien protégé par la Loi. Les Monuments historiques voyaient officiellement le jour. Cette loi, toujours appliquée, permet de préserver des édifices majeurs mais aussi des objets liturgiques, des tableaux, des sculptures, des collections de musée, ou encore des objets industriels et techniques.

Sans être directement concernée par cette loi, l'action de nos associations, Maison des Hommes et des techniques et Association histoire de la construction navale (ACHNN), s'applique à conserver le patrimoine jadis sauvé de la destruction par les anciens salariés des chantiers navals de Nantes. Au-delà, depuis leur création, elles participent à la valorisation du patrimoine immobilier – qu'il soit protégé, comme la grue Titan grise, ou non, comme la grue Titan jaune et les autres éléments du site de la Prairie-au-Duc – et mobilier, qu'il soit matériel, comme les plans de construction et les outils par exemple, ou immatériel, comme les différentes expressions de la culture ouvrière et l'histoire du militantisme ouvrier.

Cette année, nous avons franchi un pas de plus en faisant restaurer une centaine de plans très abîmés et en faisant numériser plus de deux mille plans de contruction de navires et de plans de sites, afin d'assurer leur conservation durable et de permettre leur consultation en ligne à toute personne intéressée. La bibliothèque numérique nouvellement créée a été présentée aux visiteurs pendant les Journées du patrimoine.

Par ailleurs, nous avons accueilli une jeune étudiante en Master 1 « Valorisation du patrimoine économique et culturel » de l'Université de Nantes. Nous lui avons demandé de refaire l'inventaire complet des outils et objets de la Navale qui sont en notre possession. Ainsi, chaque outil a été photographié et inventorié ; un outil de recherche qui est dorénavant à la disposition des personnes intéressées et qui a été présenté lors des Journées.

Enfin, Gérard Tripoteau, ancien président de l'Association histoire de la construction navale à Nantes (AHCNN) a achevé récemment un travail de recherche sur La Mise à l'eau et lancement des navires. Ce mémoire richement illustré intéressera toute personne qui voudra en savoir plus sur les techniques de lancement au fil du temps.

Programme

 
  • Exposition permanente Bâtisseurs de navires en visite libre. Accueil par d'anciens salariés des chantiers navals de Nantes
  • Visites guidées du site des chantiers à 14h30 et 15h30
  • Présentation de la bibliothèque numérique, de l'inventaire des outils et du mémoire sur le lancement (en continu)
  • Explications sur les mesures de sauvegarde du patrimoine de la Navale
  • Animation sur le thème « Pourquoi ça flotte ? »

Exposition

Traite négrière, esclavage, abolitions. Mémoires et histoire

Présentée par La Fraternité-Le Bateau pédagogique

Le pavillon du Bateau pédagogiquePendant une semaine, la Maison des Hommes et des techniques accueille cette exposition conçue et réalisée par Marcel Dorigny (maître de conférences à l'Université Paris VIII) et Nelly Schmidt (directrice de recherches au CNRS, Université Paris IV), tous deux membre du Comité pour la mémoire de l'esclavage.

Visible dans la salle de conférences de la MHT, cette expositionconstitue l'un des moyens d'action de l'association Le Bateau pédagogique, qui met au coeur de tous ses projets l'accès à la connaissance de l'histoire de la traite négrière et de l'esclavage sous toutes ses formes à travers les siècles jusqu'à nos jours. La reconstruction d'un navire négrier dans le cadre d'un grand projet pédagogique constitue le projet phare de l'association.

La visite de l'exposition peut être complétée par une participation à la présentation publique de La Coque nomade, projet intermédiaire de l'association. Grâce à ce projet, l'association entend concrétiser ses objectifs en créant une structure itinérante pour sensibiliser le grand public à l'histoire de la traite négrière, aux formes de l'esclavage à travers les siècles et à l'esclavage contemporain. Objet culturel et pédagogique, la Coque nomade « mêle une architecture unique, une thématique étudie nulle part ailleurs et un concept de mobilité jamais réalisé ». Présentation à la salle de la Mano 3, rue Eugène Thomas 44300 Nantes le vendredi 25 octobre 2013 à 19h30. Pour tout renseignement : 02 40 94 58 39 ou lafraternite@bateau-pedagogique.com.

Exposition à la Maison des Hommes et des techniques
Du mardi 22 au vendredi 31 octobre 2013
Les jours ouvrables de 10h à 12h30 et de 14h à 18h
Entrée libre

 

 

 

 

Exposition photos

Images de boîtes

Par Hélène Cayeux

Sortie de l'école « Vaugirard », Hélène Cayeux a travaillé dans la photo publicitaire puis devint Nantaise en travaillant pour l'Agence France Presse.
Photographe à Ouest-France de 1986 à 2006, elle a pris en image les femmes et les hommes des entreprises nantaises et de la région pendant une quinzaine d'années.
Son regard est celui d'une photographe de presse ; ses photos constituent un véritable voyage dans le monde du travail. Elle y raconte une histoire d'hommes et de femmes avec leurs regards, leurs visages et leurs émotions qui s'expriment dans les gestes de travail, dans les conflits aussi. C'est aussi l’œuvre d'une grande photographe de presse.
La Maison des Hommes et des techniques lui a consacré une grande exposition en 1995. Presque vingt ans plus tard, alors que le monde du travail a beaucoup changé, ses photos, dans leur humanité, restent d’une grande actualité.

Jusqu'au 31 octobre 2013
Du lundi au vendredi de 10h à 12h30 et de 14h à 18h
Entrée libre

 

40e Salon national Interfinances de la photographie

Les Hommes au travail

L'Association touristique sportive et culturelle des administrations financières de Loire-Atlantique est l'une des 125 associations locales réparties sur le territoire français et regroupées au niveau national par l'ATSCAF fédérale qui, elle, réunit plus de 51 000 adhérents.

L'ATSCAF Loire-Atlantique compte près de 1 100 adhérents, essentiellement fonctionnaires ou conjoints de fonctionnaires des administrations financières de l'État. Elle propose 28 types d'activités sportives ou culturelles différentes, parmi lesquelles un club photo.

La fédération nationale à sollicité l'ATSCAF Loire-Atlantique pour organiser à Nantes la 40e édition du Salon national de la photographie.
La Ville de Nantes, fidèle soutien de l’association, lui a proposé de tenir cette manifestation à la Maison des Hommes et des techniques. C’est d’un commun accord avec la MHT que le thème 2013 de cette exposition choisi par l'ATSCAF fédérale est : L'Homme au travail. La présentation de cette exposition dans un lieu dédié au monde du travail et aux cultures ouvrières semblait s’imposer aux organisateurs et à l’association accueillante.

Elle sera suivie d’une exposition des œuvres au ministère de l'Économie et des Finances, à Bercy, dans le Hall Pierre Bérégovoy (bâtiment Colbert) à compter du 3 juillet 2013.

Plus de 1 100 photos ont été centralisées à Paris dans le cadre du concours, dont 160 ont été retenues pour l'exposition. Elles sont l'œuvre de 136 auteurs photographes appartenant à douze associations locales participantes.

Du 31 mai au 28 juin 2013

 

 

Exposition

La Vie à durée déterminée, d'Olivier Jobard

En cette période de crise financière, de récession, de baisse du niveau de vie et du pouvoir d’achat, de plus en plus de travailleurs vivent dans des conditions précaires.
Jeunes, seniors, diplômés ou non, avec ou sans papiers, l’emploi n’est stable que pour une faible partie de la population française. Ils sont peu syndiqués, rarement défendus, peu présents dans les médias... plus préoccupés à leur survie qu’à revendiquer leurs droits...
On ne s’arrête jamais sur eux et pourtant leurs vies sont bien réelles, proches d’une spirale infernale dont il est difficile de sortir...
Olivier Jobard nous propose une immersion de plusieurs mois au coeur de cette France précaire.

Du 4 avril au 24 mai 2013

 

 

Journées de réflexion les 11 et 12 avril 2013

Jeudi 11 avril Table ronde animée par Philippe Dossal, journaliste
Un travailleur pauvre, c'est quoi ?

Vendredi 12 avril Tables rondes animées par Michel Sourget, journaliste à Alternantes FM
Comment s'en sortir malgré tout ? (Subsister, Se soigner, S'insérer)

Vendredi 12 avril Table ronde animée par Cécile Pétident, directrice de publication du Canard social
Les solutions à long terme, existent-elles ?

De nombreux intervenants : chercheurs, responsables associatifs, syndicalistes, entrepreneurs, élus, médecins, responsables de structures d'insertion...

 

Programme complet ici.
Renseignements : 02 40 08 20 22 ou mht.nantes@wanadoo.fr

 

 

 

Handiclap 2013

Comme les années précédentes, nous accueillons une exposition du festival Handiclap et des animations. « Dans un décor naturel, aquatique et translucide, d'étranges créatures apparaissent dans une forêt de bambou, des expériences commencent alors... », annonce le programme du festival. Le tout dans une scénographie réalisée par Et Demain, Les Briords et les bénévoles de la Navale, avec la participation de ScénoT.

Les artistes exposants :

Patric Anastacescu, souffleur de verre
Marie-Françoise et Philippe Bordier, photographie
Hélène Brétéché, sculptures par assemblage
Jean-Baptise Célestin, peinture & sculpture
Jocelyne Merlet, fusing
Lucile Notin-Bourdeau, La Tribune de Lulu, dessins
Atelier de l'Erdre, peinture
Foyer Le Chardon bleu, collages translucides
Loisirs Pluriel, Marm'Eau Village, planète suspendue
Photo-Club nantais, L'Eau dans tous ses états, photographie
Sésame Service, Terre habitée, atelier d'argile crue École
ABA Nantes, Qu'est-ce que l'autisme ?

 

Présentation de l'autisme

Vendredi 22 mars à 16h
Apportez vos questions !
Par l'école ABA Nantes, avec Anne-Cécile Desloges et Christelle Moyon, parents.

Du 14 au 28 mars 2013

 

 

Ateliers

 
Jeudi 14 et vendredi 15 mars à 10 h

Peinture et bambou, avec Jean-Baptiste Célestin

Avec des morceux de bambou, du raphia, un peu de colle à bois et de la couleur, tous ensemble, construisons des objets naturels pour poursuivre la culture du bambou !

Tout public, sur réservation : 02 40 14 46 45

 
Samedi 16, dimanche 17, mardi 19 et mardi 26 mars entre 15h et 18h

Ça flotte ou ça flotte pas ? Construction d'objets flottants avec les bénévoles de la Navale.

Avec une coque de noix ou un bouchon en liège, construisons une coque de bateau, un voilier, ou un radeau... Et découvrons ensemble les lois de la flottaison.

Tout public.
En continu.

 

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