Maison des Hommes et des techniques

L'année 2010

L'Île était une fois...

Affiche l'Île était une fois 2010Depuis une douzaine d'années, ce festival vise à unifier socialement un territoire assez diversifié et manquant de cohérence interne. Tout en encourageant les associations de l'Île de Nantes (et jusqu'en 2009 ceux des quartiers sud de Nantes) à travailler ensemble le temps du festival, celui-ci a octroyé à la Maison des Hommes et des techniques un rôle de premier plan en lui permettant de proposer au public un ensemble de manifestations autour du thème du travail.

Ainsi, ses bénévoles commentent des visites guidées en bateau, dans le cadre de promenades nautiques autour de l'île. Depuis plusieurs années, la Maison des Hommes et des techniques propose un spectacle ayant comme thème le travail. Ainsi, nous avons sucessivement accueilli les Mains bleues (501 Blues), Nicolas Bonneau (Sortie d'usine), le Théâtre de la Jacquerie (De l'usine aux petits boulots) et l'Aurachrome Théâtre (Yavart, travail à l'envers). Le 20 octobre 2010, nous avons accueilli la Compagnie Taxi-Brousse avec un spectacle intitulé Métallos et dégraisseurs. Une soirée cinéma-débat suivie d'un moment convivial, en partenariat avec le cinéma Bonne-Garde et le restaurant d'application Sèvre gourmande, a constitué un moment-clé de ce festival, durant lequel la Maison des Hommes et des techniques a assumé comme d'habitude son rôle de lieu de ressources pour les associations partenaires.

 

Métallos et dégraisseurs

Compagnie Taxi-Brousse Métallos et dégraisseursCe spectacle réalisé par la Compagnie Taxi-Brousse et présenté par la Maison des Hommes et des techniques, avec l'aide de la Ville de Nantes, raconte une histoire industrielle et ouvrière emblématique.

En 1779, le premier haut-fourneau est installé à Sainte-Colombe-sur-Seine. L'aventure industrielle va résonner dans le village pendant plus de deux siècles. La fabrique emploie jusqu'à 600 salariés dans les années 1970. Désormais propriété d'Arcelor Mittal, elle n'emploie plus que 50 personnes et ses jours semblent comptés.

Métallos et dégraisseurs, c'est l'histoire de cette usine métallurgique à travers sept générations de tréfileurs, de 1866 jusqu'à nos jours. Cent cinquante ans d'histoire, rythmés par un comédien percussionniste à travers les sons de l'usine, personnage central de la pièce, qui dirige, dicte et nourrit.

Le texte a été écrit à partir de témoignages d'ouvriers et de documents historiques. Des années fastes aux années noires, des grandes grèves aux avancées sociales, des joies aux peines, des femmes et des hommes nous ont livré leurs regards sur leurs vies de métallos.

Métallos et dégraisseurs, par ses distances et son humour, se situe ostensiblement dans la lignée de théâtres politiques à la Bertolt Brecht ou Dario Fo.

 

Rendez-vous des quais

Rendez-vous des quais de Paul CarpitaToujours dans le cadre du festival L'Île était une fois, la Maison des Hommes et des techniques, en partenariat avec le cinéma Bonne-Garde, a présenté le film Rendez-vous des quais, réalisé par Paul Carpita entre 1950 et 1953. Interdit par la censure aussitôt après sa sortie, il avait disparu pendant trente-cinq ans (sur l'histoire de ce film, lire le témoignage de Paul Carpita) puis a réapparu au début des années 1990.
Le film raconte l'histoire d'un jeune couple confronté aux difficultés économiques et à la crise sociale qui secoue le port de Marseille dans les années cinquante, sur fond de guerre d'Indochine. Sur les quais, on décharge les blessés et les cercueils venant d'Indochine, on embarque des canons et des chars. Les grèves éclatent sur le port, durement réprimées par la police.
Un débat fut animé par Alain-Pierre Daguin, journaliste, et suivi d'un moment convivial autour d'un buffet réalisé par le restaurant d'application La Sèvre gourmande.

 

Le mât sur la Loire

C'est ainsi que s'appelle l'exposition présentée au moment de L'Île était une fois... par Jacqueline Girard et Bernard Vinceneux, photographes du Photo-club nantais, qui ont suivi la construction du pont Éric Tabarly. Alors que le travail de Bernard Vinceneux suit davantage les étapes techniques de l'élévation de cet ouvrage d'art, Jacqueline Girard s'est intéressée aux gestes des hommes. En s'appuyant sur une expérience antérieure, le suivi des ouvriers qui avaient oeuvré à la rénovation des Nefs de la Loire en 2007, elle évoque ainsi ces artisans hautement qualifiés :

« De ma rencontre avec ces bâtisseurs de 21e siècle est né l'impérieux besoin de figer à nouveau, par l'image, le travail hautement technique et qualifié de ces hommes.
Qu'ils soient vivement remerciés pour la qualité de l'accueil qu'ils m'ont réservé et pour leur disponibilité, malgré un " ouvrage " qui n'attend pas.
Au cours de ces derniers mois, j'ai pu les mettre en image, tour à tour debout, courbés, accroupis, allongés, agrippés et toujours totalement respectueux de cet esprit team si nécessaire à ce genre de réalisation. »

 

Des cales et des hommes

Récemment, la Maison des Hommes et des techniques a accueilli Des cales et des hommes, une exposition photographique réalisée par Lina Leclerc, Olivier Auffray et Claude Denis.

Durant plusieurs années, les trois photographes ont suivi des ouvriers de la réparation navale à Saint-Nazaire, Brest, Concarneau et Le Guilvinec dans l'exercice de leur métier. Les tirages argentiques en noir et blanc qu'ils ont réalisés rendent hommage à ces travailleurs de fond de cale et à la beauté de leur geste.

Pour prendre contact avec les photographes :
Olivier Auffray Tél. 02 40 91 95 80

 

 

 

Le pont Tabarly comme si vous y étiez

Maquette du pont Tabarly Cliquez ici À Nantes, après le pont Léopold Senghor inauguré en 2010, un deuxième pont est en cours d'achèvement. Cela a donné l'idée à un passionné, Jean-Paul Bouyer, ancien technicien de la DDE, de réaliser une maquette à l'échelle 1/125e du pont Éric Tabarly, histoire de montrer au public de la Maison des Hommes et des techniques comment « fonctionne » un tel ouvrage. Un autre passionné de ses amis, Joseph Bellanger, s'est mis à l'ouvrage et a réalisé une réplique précise du pont en bénéficiant du concours de l'architecte (Marc Barani) et des ingénieurs de Nantes-Métropole (Christophe Ray et Laurent Potiron).
Les photos ont été réalisées par Yves Moreau. Pour voir des détails, il suffit de promener la souris sur l'image et de cliquer. Pour en savoir plus sur la maquette, contacter la Maison des Hommes et des techniques au 02 40 08 20 22.

 

Photographier le travail

Les photographes invités par la MHTLe 16 décembre 2010, dans le cadre de l'exposition Des cales et des hommes, nous avons accueilli Olivier Auffray, Claude Denis, Patrick Garçon, Jacqueline Girard, Lina Leclerc et Corinne Provost pour parler d'un aspect passionnant de leur métier.

En abordant la photographie du travail, on pense tout de suite à de grands noms de la photographie (Lewis Hine, photographiant les ouvriers en construction de l’Empire State Building, ou Sabastião Salgado…).

Plus près de chez nous, des photographes s’attachent également à immortaliser des hommes et des femmes au travail, l’environnement dans lequel ils évoluent et la précision de leur geste. Non seulement, ils contribuent ainsi à préserver un patrimoine technique et humain qui risque de disparaître, mais ils font voir un aspect de la condition humaine dont le travail constitue un élément essentiel.

La Maison des Hommes et des techniques a exposé les images de quelques précurseurs en la matière (Hélène Cayeux notamment) et accueille régulièrement les expositions de ceux qui, aujourd’hui, donnent un aperçu du monde du travail dans toute sa diversité.

Olivier Auffray, Claude Denis et Lina Leclerc sont Nazairiens. Ils sont les auteurs de l'exposition Des cales et des hommes, actuellement présentée à la Maison des Hommes et des techniques.
Patrick Garçon est photographe à Nantes-Métropole. Il est le co-auteur de l'ouvrage Vies quotidiennes à l'hôpital pour enfants de Nantes (édition droit de regard, 2002) , qui met également en scène le travail du personnel hospitalier.
Jacqueline Girard, membre du Photoclub nantais, est co-auteur de l'exposition Un mât sur la Loire, présentée à la Maison des Hommes et des techniques à l'occasion de L'Île était une fois... 2010. Elle a photographié les ouvriers occupés à la construction du pont Tabarly à Nantes.
Corinne Provost, qui se définit comme une photographe citoyenne, est co-auteur du livre Rur(é)alitéEs. « Des femmes en campagne », qui parle du travail des femmes dans les campagnes de Loire-Atlantique.

Chacun à son tour, ils nous ont parlé d’une image qui les a fortement marqués, avant de répondre aux questions du public.

La soirée a été précédée par une émission en direct sur Alternantes FM.

 

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